La technique de la pâte à structurer : donner du relief à la peinture

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Fleur bleue 1001coupsdepinceaux
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La peinture n’est pas un univers plat.
Et pourtant, pendant longtemps, mes tableaux l’étaient.

Je suis plutôt du genre appliquée. J’aime que les lignes soient nettes, que les contours soient précis et que rien ne dépasse. Une vraie bonne élève ! Mais lorsque j’ai découvert la pâte à structurer, j’ai compris que je pouvais enfin laisser davantage de place à la spontanéité.

Cette technique a profondément changé ma manière de créer.

À l’époque, j’avais souvent du mal à animer mes fonds. Je cherchais à leur donner du mouvement sans jamais être totalement satisfaite du résultat. D’ailleurs, j’en parle dans mon article « Lâcher prise sur le fond ».

La pâte à structurer a été une véritable révélation.
Une découverte qui en entraîne une autre
C’est aussi à cette période que j’ai commencé à utiliser le couteau à peindre.
Les deux techniques sont rapidement devenues indissociables.
Le couteau permet de déposer davantage de matière, de créer des épaisseurs, des textures et même des mélanges inattendus. Selon la manière dont on le tient, il peut aussi tracer des lignes très fines ou déposer la peinture de façon totalement aléatoire.
Aujourd’hui, il est rare que je termine un tableau sans l’avoir utilisé.

La pâte à structurer, comment ça fonctionne ?

Sa consistance rappelle celle d’un enduit ou d’un mortier.
On l’étale au couteau, en couche plus ou moins épaisse, puis on laisse libre cours à son imagination.

Selon le geste, on peut obtenir :

  • une surface parfaitement lisse, idéale pour mettre un élément en valeur ;
  • des mouvements réguliers qui suggèrent des courbes ou des vagues ;
  • des reliefs totalement aléatoires qui apportent beaucoup de caractère à la toile.

C’est cette dernière possibilité que je préfère.

Ma petite technique…

Avant même de commencer à peindre, je prépare souvent ma toile.
J’applique généreusement la pâte à structurer avec mon plus grand couteau.
Puis je recouvre toute la surface d’un simple film plastique. Le cellophane qui protège les toiles neuves est d’ailleurs parfait pour cela.
Ensuite… je m’amuse !

J’écrase la surface avec les mains, je fais glisser le plastique dans tous les sens, j’appuie plus ou moins fort… Il arrive même que l’empreinte d’un doigt ou de ma main reste gravée dans la matière.
Puis je retire délicatement le film.
À chaque fois, c’est une surprise.
Des crêtes, des creux, des pointes et des reliefs apparaissent sans que je cherche à les contrôler.
Je laisse ensuite sécher la toile pendant au moins vingt-quatre heures.

Quand la matière révèle la couleur

Une fois le support prêt, il ne reste plus qu’à peindre.
J’aime particulièrement appliquer la couleur à l’éponge.
La peinture accroche naturellement les reliefs tandis que les creux restent plus clairs. Sans effort particulier, la matière prend vie et la lumière vient souligner chaque texture.
Le résultat est toujours riche et vivant.
Cette technique est idéale pour évoquer une roche, une écorce, une surface minérale… ou encore les reliefs de la Lune.
Mais je l’utilise aussi très souvent pour donner plus de profondeur à mes fonds.

À mes yeux, un tableau gagne en personnalité lorsqu’il invite autant à regarder qu’à imaginer ce que l’on ressentirait en passant la main sur sa surface. Depuis cette découverte, la pâte à structurer fait partie intégrante de mon univers artistique… et je crois bien que je ne pourrais plus m’en passer.

À découvrir bientôt…

Je vous partagerai prochainement les coulisses de ma série LÉMAN, dans laquelle la pâte à structurer et les pochoirs ont joué un rôle essentiel pour créer les effets de matière qui caractérisent cette collection.

Fond Léman rose
Fond Léman Marron