Ma série « On coupe le cadre »

Je pratique la peinture depuis plusieurs années.
Comme beaucoup d’artistes, j’ai commencé par faire des copies. Pas des reproductions parfaites, mais des œuvres inspirées de sujets qui me touchaient et me donnaient envie de progresser.

C’est un excellent exercice pour apprendre, développer sa technique et prendre confiance en soi. Mais arrive un moment où l’on ressent le besoin de créer réellement.
Trouver sa propre voix, son univers, son style.
Et là… tout devient plus difficile.

Faire face à une toile blanche avec seulement quelques idées en tête peut être extrêmement intimidant.

Dans cette quête artistique, je me rends régulièrement à des expositions. J’aime découvrir le travail des autres artistes, m’ouvrir à différents univers, comprendre ce qui me touche, ce qui provoque une émotion en moi. C’est une manière d’affiner son regard et de mieux comprendre les sensibilités auxquelles on est réceptif.

C’est ainsi qu’en 2023, au salon Art3f, j’ai découvert le travail de Martial Bourlot, un artiste de la vallée de Chamonix au talent remarquable.

Son univers m’a immédiatement fascinée : des montagnes enneigées mêlées à des vagues océaniques, des contrastes puissants, des transitions saisissantes, un réalisme impressionnant… J’ai été littéralement scotchée par son travail.

Mais un autre détail a particulièrement retenu mon attention : certaines de ses œuvres semblaient “couper” le cadre. Cette rupture nette créait une ouverture visuelle étonnante, comme si la lumière pouvait entrer directement dans la scène.

En rentrant de cette exposition, une idée ne cessait de tourner dans mon esprit : expérimenter cette technique à ma manière.

Je suis alors allée chez Emmaüs chercher d’anciens cadres, avec l’idée de les découper.
Mon mari m’a immédiatement fait remarquer qu’un cadre sans ses quatre côtés… ne tiendrait tout simplement plus.

Premier obstacle.
Mais cette idée bouillonnait trop fort pour que je l’abandonne.
J’ai donc choisi de créer une illusion.
Grâce à un simple ruban de masquage, j’ai simulé cette coupure du cadre afin de laisser “entrer la lumière” dans la composition.

Si le cadre était vert, je préparais mes peintures dans la même harmonie de couleurs, puis je laissais le geste s’exprimer librement.
Et le résultat a été une véritable surprise.
Ça fonctionnait.

Mieux encore : j’aimais profondément ce que cela dégageait.

De cette première expérimentation est née Aurore Boréale (à retrouver dans l’article « Une carte de vœux… »).
Puis sont venues d’autres créations : Café Latté, Profondeur Abyssale, et enfin Voie Lactée, une œuvre qui représentera pour moi une véritable révélation… mais cela fera l’objet d’un prochain article.

Cette série, que j’ai intitulée « On coupe le cadre », a marqué un véritable tournant dans mon parcours artistique.
Il y a eu un avant. Et un après.

Elle m’a fait comprendre que l’art est profondément intuitif.
Qu’il suffit parfois de laisser la créativité s’exprimer pour révéler ce qu’il y a de plus sincère en nous.

Sortir du cadre a été, pour moi, totalement libérateur.

Moi qui ai toujours recherché la précision, moi qui dessinais en faisant attention à ne pas dépasser… j’ai découvert le plaisir du lâcher-prise.

Grâce à cette expérience, j’ai grandi artistiquement. J’ai dépassé le stade de « l’enfant sage et appliquée ».

En sortant du cadre, j’ai finalement réussi à me dépasser.

Merci à Martial Bourlot pour cette rencontre inspirante et libératrice !

Univers de glace éternelle
Douceur de café au lait